Juin 2016

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Hommage

Disparition de Bernard Zuber, secrétaire général du Conseil supérieur de 1986 à 1992

 

Avec la disparition de Bernard Zuber, survenue le 10 mai 2016 à l’âge de 78 ans, c’est une page du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables qui s’est tournée. Licencié en droit, diplômé de Sciences Po et de l’ENA, il a été secrétaire général du Conseil supérieur sous les présidences de Léo Jégard, puis de François Fournet et de Roger-Louis Cazalet. Il a également représenté la Cour des comptes au Conseil national de la comptabilité et au Comité de la réglementation comptable, où il s’est montré actif comme membre de la section « Entreprises » et président de commission. Bernard Zuber a enfin longtemps présidé le Club comptable des juridictions financières, gardant jusqu’au bout une proximité avec notre profession et une passion pour la comptabilité publique et pour les normes comptables internationales.

 

Homme de réflexion et d’action au service de l’Etat, un brin utopiste, auditeur accompli, il a été particulièrement apprécié au Conseil supérieur pour la vivacité de son intelligence, son esprit de synthèse et son sens implacable de l’organisation. Il ne faisait rien par hasard ou à moitié. Au-delà de ses qualités professionnelles exceptionnelles et de son sens aigu du bien public, ceux qui ont eu le privilège de le connaître et de travailler avec lui gardent une amitié indéfectible et une estime profonde pour l’homme. C’était une personne simple et droite, portant avec conviction ses idées. Rigoureux et intransigeant sur la justesse des comptes, tant publics que privés, il restait bienveillant et savait trouver et imposer des solutions de sortie par le haut.

 

Sa droiture et la très haute idée qu’il avait des enjeux relatifs aux actions qu’il entreprenait resteront comme des marqueurs d’un esprit supérieur. Son attention aux autres, ses qualités d’écoute et de cœur, sa chaleur humaine et son empathie sont soulignés par tous. Il accueillait toujours ses interlocuteurs, ses collègues et ses collaborateurs avec simplicité et générosité. Sa retenue naturelle, sa modestie et sa sobriété disparaissaient derrière un regard affuté et perspicace et un œil juvénile et malicieux aimant les gens et leur accordant volontiers sa confiance, même s’il ne partageait pas leurs origines et leurs croyances.

 

Dans le respect des autres et des valeurs de partage et d’honnêteté, se méfiant de la pensée unique et privilégiant les leçons tirées à l’école de la vie, il éprouvait plus de plaisir à comprendre et à aider qu’à porter des jugements. Pour autant, Bernard Zuber était guidé par le souci de l’efficacité et de l’action et restait toujours libre de sa parole, au risque de déplaire s’il n’avait pas réussi à convaincre. Homme de tolérance certes, mais surtout épris du sens des responsabilités, il a fortement contribué à réorganiser le Conseil supérieur et à le professionnaliser. Il a particulièrement aimé travailler avec notre profession, qu’il aura incontestablement aidée à grandir.

 

Nous lui devons notamment l’idée de la création de la Fidef, la Fédération internationale des experts-comptables francophones, surgie en 1976 lors d’un déplacement professionnel d’Edouard Salustro au Sénégal, où Bernard Zuber présidait la Commission de vérification et de contrôle et des comptes des entreprises publiques, en détachement de la Cour des comptes au titre de la coopération. Breveté de l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, il aimait l’Afrique noire à laquelle il a consacré un ouvrage. Rentré en France, il a fait prendre en 1980 un tournant décisif dans les relations entre la Cour des comptes et notre profession. Une coopération permanente Cour/profession a été mise en place, maquée en particulier par des stages dans les cabinets d’audit pour les nouveaux entrants à la Cour et dans les Chambres régionales de contrôle des comptes.

 

Bernard Zuber ne se contentait pas de porter un regard passionné sur l’Afrique et sur la comptabilité ! Il avait d’autres passions comme l’Alsace, le Pays basque, l’alpinisme, sa famille et ses amis. Ce qu’il y a de remarquable chez cet homme de fidélités, c’est qu’il a réussi à assouvir toutes ses passions, tout en restant disponibles pour les autres. Les experts-comptables saluent un homme exemplaire au plan professionnel et dans ses engagements, qui a marqué une époque de notre profession et inspiré ceux qui lui ont succédé. Il restera un repère et un modèle. Nous saurons garder en mémoire, sa délicatesse, sa sagesse et sa vision large de l’évolution de nos métiers.

 

Jean-Louis Mullenbach et Léo Jégard

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