AVRIL 2019

Consulter le SIC papier

Le SIC papier existe également en version numérisé .pdf, à télécharger ci-dessous.

AddToAny
Share

Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur

Le 6 mars 2019, Charles-René Tandé a été réélu à la présidence de l’institution par les membres élus du Conseil supérieur. L’occasion de faire un point d’étape sur les actions et réalisations passées et à venir de la mandature.
« Notre profession a de grands atouts, à commencer par la relation de confiance qui existe avec nos clients. »

 

Vous avez pris vos fonctions en mars 2017 pour une mandature de deux ans. Cette ­réélection après deux années était-elle prévue ?

Le bureau du Conseil supérieur est toujours renouvelé après deux ans de mandat. C’est donc normal dans le cadre des mandats qui durent habituellement quatre ans. Cela dit, cette mandature est assez particulière.

 

En effet, lorsque nous avons été élus il y a deux ans, c’était pour une durée de deux ans, l’Etat ayant imposé à l’Ordre de revoir son organisation territoriale avant le 31 décembre 2018.

Le 5 juillet 2017, après quatre mois de mandat, nous rendions une première copie. Nous avons fait notre part du travail en un temps record... Restait aux pouvoirs publics à trouver le bon « véhicule législatif » pour porter cette mesure. Le texte Pacte a alors été considéré comme le bon support par notre tutelle. Désormais, nous sommes suspendus à la promulgation de la loi et à la publication des décrets d’application. Les mandats des élus de l’Ordre ont donc été prolongés afin de faire face à cette situation très regrettable car le manque de visibilité sur la durée des mandats est dommageable tant pour l’organisation personnelle des uns et des autres que pour prioriser et mener les projets.

 

Cela étant, puisque notre mandat a été prolongé, nous allons pouvoir finaliser les chantiers ouverts et réfléchir à de nouvelles actions.

 

Pouvez-vous dresser un bilan de ces deux premières années de mandat ?

Je l’avais dit en prenant mes fonctions : il y avait ce que nous avions prévu de faire et que nous avons mis en œuvre, et il allait y avoir des “imprévus” et, sur ce plan, le moins que l’on puisse dire est que nous avons été particulièrement mis à contribution. Impossible de citer toutes les réformes sur lesquelles nous avons été amenés à agir.

 

Dès mon arrivée, j’ai souhaité renforcer nos liens avec les pouvoirs publics et, compte tenu de l’élection concomitante du nouveau président de la République, puis d’un nouveau parlement, tout était à construire.

Nous avons bien fait d’être proactifs car nous avons pu nous faire connaître avant que ne commencent les “choses sérieuses”. Nous avons construit pour l’institution un réseau relationnel d’autant plus solide que nous l’avons fondé sur des échanges techniques, sur une logique d’éclairage de la décision publique et pas sur du corporatisme.

 

Cela nous a permis de faire passer des idées, des messages et de faire évoluer de nombreux dispositifs en cours d’élaboration. Ce travail qui ne se voit pas nécessairement est très important.

C’était un des grands engagements de cette mandature et je pense que nous avons durablement installé la profession dans le processus de construction de la décision publique.

 

Parmi les autres objectifs, nous avions mis le développement du conseil au rang des priorités. Je pense que nous avons fait avancer les choses en rendant bientôt possible la facturation d’honoraires de succès ou en ouvrant la voie à la communication sur les compétences spécialisées. C’est aussi le sens de la campagne de communication grand public que nous avons lancée fin 2018 avec pour slogan, « l'expert-comptable : un conseil qui compte ! ».

 

Enfin, nous avions souhaité, avec Jean Bouquot, président de la CNCC, travailler plus efficacement ensemble et agir en cohérence. J’ai ainsi toujours veillé, depuis deux ans, à maintenir un constant dialogue avec la CNCC, à mettre en œuvre des opérations communes et à toujours agir en cohérence vis-à-vis des pouvoirs publics.

Le maintien de cette ligne de conduite, au service de l’ensemble des professionnels et de l’intérêt général, a été un élément particulièrement important dans la période mouvementée que nous avons traversée en 2018 et que nous continuerons à vivre dans les mois à venir.

 

En deux années, vous avez rencontré de très nombreux professionnels, que retenez-vous de vos échanges ?

Le président du Conseil supérieur a cette chance de pouvoir rencontrer des milliers de consœurs et confrères à l’occasion du congrès et des assemblées générales en région (que j’ai toutes visitées, sans exception).

Ce qui frappe tout d’abord c’est que, malgré la grande diversité des modes d’exercice, des tailles de cabinets et des tissus économiques régionaux, on ressent une grande homogénéité, une culture commune forte au sein du corps professionnel.

 

Des experts-comptables qui manquent globalement de temps pour faire évoluer leur cabinet comme ils le souhaiteraient. Mais des professionnels fiers de leur métier et attachés à leur Ordre.

J’ai notamment été agréablement surpris par l’optimisme de la nouvelle génération, avec de très nombreux jeunes consœurs et confrères qui démarrent ex nihilo, sur des modèles parfois très différents de ceux que nous connaissons.

 

Quels sont vos objectifs pour la suite de ce mandat ?

Cette nouvelle élection au sein du Conseil supérieur a été l’occasion de prendre un peu de recul et de définir de nouvelles priorités.

 

Premier objectif, celui de la concrétisation et de la mise en œuvre opérationnelle des projets initiés durant les deux années qui viennent de s’écouler :

  • Réforme territoriale ;
  • Action publique ;
  • Valorisation des compétences spécialisées et des évolutions réglementaires liées à la loi Pacte ;
  • Rapprochement avec la CNCC.

 

Deuxième objectif, l’accompagnement des cabinets aux changements :

  • induits par le numérique ;
  • résultant des dispositions nouvelles issues de la loi Pacte.

Nous devons rapprocher l’offre de services de l’institution des besoins des cabinets.

Nous allons mobiliser les moyens du Conseil supérieur pour accompagner au mieux les consœurs et confrères, au plus près des cabinets, en lien avec les Conseils régionaux.

 

La troisième grande priorité de cette seconde partie de mandature sera la stratégie numérique de l’institution :

  • Accompagnement des cabinets à la transition numérique ;
  • Poursuite des grands projets de l’institution (facture électronique, signature électronique, traitement des données).

Enfin la réflexion sur nos diplômes qui doit être poursuivie, afin de les adapter aux besoins des cabinets et du marché.

 

Quelle est votre vision de l’avenir de la profession ?

Je dis souvent que j’aimerais avoir 30 ans de moins pour démarrer ma carrière d’expert-comptable aujourd’hui. Certes, les évolutions sont plus rapides désormais et la part de risque est sans doute un peu plus grande que quand je me suis lancé. Mais le champ des possibles est aussi beaucoup plus vaste.

 

Notre profession a de grands atouts, à commencer par la relation de confiance qui existe avec nos clients.

 

Je suis très optimiste quant à l’avenir de la profession car cet avenir dépend avant tout de la capacité d’adaptation des professionnels. Et je n’ai aucun doute sur celle-ci.

 

Parcourir l'historique du SIC :

Toutes les parutions

Juillet-Août 2019

SIC N° 386

  • La palette de nos prestations s'élargit !
  • Mission d'audit contractuel d'états financiers en France
  • La seconde édition de la Conférence de Paris réussit son pari

Consulter

Juin 2019

SIC N° 385

  • La NPLAB, la nouvelle norme LAB du Conseil supérieur
  • 74e Congrès : demandez le programme
  • Aider les cabinets sur la stratégie numérique

Consulter

MAI 2019

SIC N° 384

  • Les chiffres-clés de la filière comptable
  • Lutte contre le blanchiment : la France évaluée en 2020 par le Gafi
  • Administration provisoire de l'expert-comptable

Consulter

AVRIL 2019

SIC N° 383

  • S'engager dans l'action au service de l'économie
  • Un congrès pour plonger au cœur des flux
  • Site privé : mais où gérer les délégations de droits Comptexpert

Consulter