Juillet-Août 2019

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Se rappeler le passé pour aborder sereinement l’avenir… et rester au cœur des flux

Épisode 1 : 1955-1973

Pour le 74e Congrès, les rapporteurs, Sanaa Moussaïd, Dominique Périer et Fabrice Heuvrard confirment la place de l’expert-comptable au cœur des flux. Pour ce faire, ils abordent la thématique de manière chronologique en distinguant l’expert-comptable d'aujourd’hui, de demain et d’après-demain :

 

Le cabinet d’aujourd’hui : quelles sont les technologies, les usages et les modes de management nécessaires pour être un « cabinet contemporain au cœur des flux» ?

 

Le cabinet de demain : quelles sont les technologies, les usages et les modes de management nécessaires pour être un « cabinet moderne au cœur des flux » ?

 

Le cabinet d’après-demain : quelles sont les technologies, les usages et les modes de management nécessaires pour être un « cabinet avant-gardiste au cœur des flux» ?

 

Mais avant de parler d’aujourd’hui et de demain, il est intéressant de faire un retour dans le passé et de regarder les méthodes utilisées par les cabinets d’hier.

 

1955-1962 : de la comptabilité par décalque aux positionneuses comptables1

Le décalque prend son origine dans la loi humaine du moindre effort et dans le besoin de rapidité qu’impose la vie moderne de l’époque. Aussi, l’une des tâches du comptable consistant à enregistrer, centraliser et reporter la même somme, est-il apparu plus simple et plus rapide de condenser ces trois opérations matérielles en une seule. C’est tout le principe du décalque. Les avantages en sont multiples :

  • rapidité, par la suppression de deux opérations et de la plupart des pointages ;
  • exactitude, par la disparition des reports et l’élimination des inversions, omissions, etc. ;
  • souplesse, grâce à la possibilité de tenir, sans perte de temps sensible, autant de comptes qu’il est souhaitable.

Malheureusement, aucune œuvre humaine n’est parfaite et le décalque n’est pas sans reproches : longueur des balances, imputation erronée, chevauchement de lignes, décalages de colonnes, etc. C’est pourquoi le décalque mécanique remplace le décalque manuel, en conservant les avantages de rapidité, d’exactitude et de souplesse du système et en éliminant, partiellement tout au moins, les inconvénients et servitudes majeurs des procédés manuels.

 

Dès lors, les entreprises, même les plus modestes, pouvaient, avec une seule personne et une seule machine, tout à la fois établir leur courrier, leurs factures, les bulletins de paie de leurs employés, la tenue de leurs stocks et leur comptabilité générale, à l’exception des additions et des tirages de soldes. Pour effectuer ces opérations, il était en effet nécessaire d’avoir, en complément d’une machine à écrire, une machine à calculer… ou une machine comptable, telle une positionneuse.

 

La positionneuse est une machine électrique à chariot, munie :

  • d’un clavier complet de machine à calculer ;
  • de touches supplémentaires permettant de dater, d’inscrire un libellé réduit ou symbolique, d’effectuer des totaux, sous-totaux, additions, soustractions, soldes, etc. ;
  • de commandes à pression pour le déplacement horizontal du chariot et vertical du cylindre et l’appel de totalisateurs.

 

La positionneuse simple est dite duplex lorsqu’elle est munie de deux totalisateurs liés l’un à l’autre et tournant en sens inverse (l’un effectue les totalisations verticales, l’autres les additions ou soustractions horizontales). Elle est dite mulitplex lorsqu’elle est munie de trois totalisateurs verticaux au moins et d’un totalisateur horizontal au moins.

L’emploi de ces machines, d’un prix assez élevé, ne se justifie que lorsqu’on leur confie des opérations en grande série avec reprise des anciens soldes et tirage de nouveaux, telles que la tenue des comptes courants bancaires, de l’inventaire permanent des stocks, des comptes “clients” et “fournisseurs” et des états statistiques complexes.

 

1963 -1973 : de la mécanographie à l’informatisation2

Comme celui de la mécanographie, le tournant de l’informatique est bien négocié par les professionnels. En 1965, le Comité d’études et de recherches de l’enseignement technique (Cerpet) réclame l’avis du Conseil supérieur sur l’utilisation d’ordinateurs pour la gestion et l’enseignement de la comptabilité. En 1966, le Conseil supérieur et le Cerpet créent un groupe d’études sur l’évolution de la comptabilité en lien avec l’Association française d’informatique et de recherche opérationnelle (Afiro), la Société d’économie et de mathématiques appliquées (Sema) et le groupe informatique du Comité national de l’organisation française (Cnof).

 

En octobre 1967, le Conseil supérieur lance une enquête sur la « position des membres de l’Ordre face à la mécanographie et à l’électronique », d’où il ressort que seulement 10 % des professionnels disposent de matériels mécanographiques et que moins de 3 % utilisent des machines à cartes perforées.

 

En 1968, des journées d’études sur « Comptabilité et informatique au service d’une meilleure gestion » sont organisées à Rennes en collaboration avec l’institut d’administration des entreprises. Les actes sont publiés dans les numéros spéciaux de la Revue française de comptabilité de 1969.

En décembre 1970, le Conseil supérieur forme une commission permanente d’étude des méthodes informatiques. La même année, il demande des garanties, qui sont accordées par leur président-directeur général, à des groupements exécutant des travaux de comptabilité (société Euro-data, Centre d’ordinateurs calculs et la compagnie des centres mécano-comptables-CCMC).

 

En 1972, le Conseil signe une convention avec le délégué général à l’informatique auprès du ministre du développement industriel et scientifique favorisant l’informatisation de la profession et celle des entreprises. L'Ordre va financer la moitié de ce plan par le biais d’une taxe informatique de 250 francs par membre et avec un plan triennal de trois millions de francs pour passer des marchés d’équipement et éventuellement développer des centres informatiques dans les régions. Mais l’idée de centres informatiques et d’un centre comptable central financé par le Conseil supérieur est rapidement abandonnée, en raison de l’attachement des professionnels à la libre fondation des structures privées.

À l’issue de cette période de presque 20 ans (de 1955 à 1973), les méthodes de travail ont profondément évolué et l’expert-comptable a montré toute sa capacité à évoluer.

Rendez-vous le mois prochain pour connaître la suite de l’histoire d’une profession au cœur des flux.

 

Eric Ferdjallah-Chérel, diplômé d’expertise comptable
Directeur du département des études du Conseil supérieur

 

 

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