OCTOBRE 2019

Consulter le SIC papier

Le SIC papier existe également en version numérisé .pdf, à télécharger ci-dessous.

AddToAny
Share

L’interprofessionnalité au quotidien

Les textes l’autorisent, mais concrètement comment se vit-elle au quotidien ? Témoignages de pionniers qui se sont lancés et bénéfices de leurs retours d’expérience.
Côté experts-comptables

« Nous avons fait le choix d’une société pluriprofessionnelle d’exercice pour répondre au mieux aux demandes des clients sans multiplier le nombre d’intervenants et, de ce fait, en limiter le coût.

Sa valeur ajoutée par rapport à une collaboration ponctuelle est à la fois une mise en commun des connaissances, des liens forts entre membres d’une équipe d’experts, chacun dans son domaine, une mutualisation des services proposés aux clients : services plus rapides, impact positif sur l’image du cabinet... Nous ne regrettons pas notre choix !

La seule limite que nous nous sommes fixée est la réelle volonté de travailler de concert dans l’intérêt des clients.

 

Mon conseil à ceux qui souhaitent se lancer ?

Etre avant tout d’accord sur la stratégie globale du cabinet et la place de chacun. D’ailleurs, si aujourd’hui notre cabinet est composé d’experts-comptables et d’avocats, nous envisageons d’intégrer à terme un conseiller en gestion de patrimoine pour nous renforcer.

Pour moi, se lancer dans un cabinet pluridisciplinaire peut même s’avérer une réponse efficace à la concurrence des offres dématérialisées et outils sur le marché car le digital ne remplacera jamais l’humain ».

Olivier D., expert-comptable à Marcq-en-Barœul

 

« J’avais déjà essayé une première fois de créer une société pluriprofessionnelle d’exercice pour pouvoir apporter un service plus étendu et mieux maîtriser les délais et l’information mais... c’était encore trop tôt. Lorsque les décrets 2017-794 et 2017-799 du 5 mai 2017 ont été entérinés, j’ai su que c’était une chance à saisir.

Le bénéfice pour le client mérite d’être souligné. L’interprofessionnalité permet un conseil plus objectif, car il y a moins de place pour l’égo que dans une relation « conseil/client ».

Lorsque l’on est associé avec un autre profil, un avocat dans mon cas, nous avons intrinsèquement des intérêts et un engagement communs. Naturellement, ces liens sont plus forts qu’avec des tiers.

De mon expérience, les limites qui peuvent exister sont les limites humaines : un expert-comptable ne réagira pas de la même façon qu’un avocat. C’est la richesse de l’interprofessionnalité : nous apprenons l’un de l’autre. Travailler à deux permet d’aller encore plus loin sur nos dossiers.

Le droit des sociétés fait partie intégrante de notre périmètre. Mais l’apport d’un avocat spécialisé en droit des affaires est complémentaire. Dans notre projet de cabinet, un notaire aurait également sa place pour répondre aux besoins des clients, ainsi qu’un avocat spécialisé en droit social et un autre en droit fiscal.

 

Mon conseil à ceux qui souhaitent se lancer ?

Foncer ! Quand on en ressent l’envie, il faut y aller. Il faut des pionniers.

Plus nous serons nombreux à aller dans cette voie, plus le chemin sera tracé. Nous ouvrons la voie et facilitons la mise en œuvre pour ceux qui nous suivent ».

Yann S., expert-comptable à Vélizy Villacoublay

 

« Notre démarche de création d’une société pluriprofessionnelle d’exercice (SPE) résulte d’un constat : il faut suivre les clients plus loin que le chiffre et le social. Il nous faut une approche du client plus étendue, lui apporter des solutions juridiques, patrimoniales, matrimoniales.

Nous constations un manque de synergies et de dynamiques si nous voulions assurer ce type de mission parce que les analyses des besoins, les finalités et les temps de réalisation ne coïncidaient pas. Les intervenants étaient dispersés.

L’intérêt de la SPE réside dans cette optique de réunion des compétences, de discussions, d’analyses et de propositions au client.

Notre rapprochement avec un avocat nous donne un point de vue différent, et nous permet de lui apporter notre expertise sur les dossiers du cabinet en cas de procédure commerciale, sociale, civile ou patrimoniale.

Nous continuons à répondre à notre question originelle, en nous associant à un notaire exerçant sur la région parisienne. L’intérêt dans cette démarche sera toujours d’associer les hommes et les compétences sur l’entrepreneur global.

 

Mon conseil à ceux qui souhaitent se lancer ?

Bien connaître le processus de création et de fonctionnement d’une SPE au niveau des ordres. Les démarches étant différentes, les demandes matérielles également... Il faut du temps pour innover et évoluer ».

Roch H., expert-comptable à Toulouse

 

Côté avocat

« Exercer au sein d’une SPE s’est avéré un choix assez évident. Avant de choisir un modèle intégré, nous avons eu un partenariat d’une dizaine d’années avec un cabinet d’expertise ­comptable, lequel nous a montré que nous partagions les mêmes valeurs. Il s’agit d’un projet humain avant tout. Un tel choix ne peut s’envisager avec peu de rapports professionnels préalables. Travailler ensemble sur des dossiers communs permet de mieux se connaître, jusqu’à envisager l’exercice en commun de nos professions au sein de la même structure.  
Nous pensons que l’interprofessionnalité d’exercice, particulièrement entre experts-comptables et avocats, est l’avenir. Les deux professions sont particulièrement complémentaires et disposent de règles déontologiques proches et fortes.
La SPE offre une continuité de services pour nos clients, avec l’assurance de disposer des meilleurs compétences pour traiter les différents aspects juridiques, financiers et fiscaux des dossiers. Une telle organisation permet aussi de mieux évaluer et maîtriser la facturation.
 
La SPE offre le meilleur, à chaque profession qui la compose, alors que celles-ci prises individuellement, subissent de fortes mutations.
Ce format donne la possibilité d’aller vers plus de conseil et donc de valeur ajoutée. Si la règle de l’accessoire bride les experts-comptables, elle ne s’applique pas aux avocats. Quant aux avocats, ils bénéficieront de la récurrence attachée à la clientèle des experts-comptables. La SPE crée donc un champ d’intervention beaucoup plus vaste.
Nous envisageons de nous associer avec un notaire dont l’intervention est souvent nécessaire pour la mise en œuvre des solutions que nous élaborons pour nos clients.
Certes, la création d’une SPE est encore difficile à réaliser. Les procédures d’inscription, côté Barreau et Ordre des experts-comptables, sont distinctes l’une de l’autre. Le fait que les textes soient encore assez récents, assez succincts en laissant une part à l’interprétation, est un frein. Mais l’harmonisation viendra.

 

Mon conseil à ceux qui souhaitent se lancer ?

Certains membres de nos professions respectives ont souvent tenté de nous opposer. Pourtant, nous ne sommes pas concurrents. Au cours des dix dernières années de partenariat, nous n’avons jamais eu de débat ni financier, ni de périmètre, ni de modalités... Si la collaboration est intelligente, chacun s’apporte mutuellement. Mon conseil est donc de ne pas faire d’association dans l’urgence, de prendre le temps et surtout que ce ne soit pas une association subie. La SPE est la 2e étape d’un rapprochement professionnel entre cabinets d’avocats et d’expertise comptable ».
 
Me. Joseph P, avocat à Paris

 

Pour en savoir plus
Société pluriprofessionnelle d'exercice : « La palette de notre profession s'élargit » du Sic n° 386 de juillet-août 2019

ARTICLES QUI POURRAIENT VOUS INTÉRESSER

Parcourir l'historique du SIC :

Toutes les parutions

Décembre 2019

SIC N° 390

  • Infodoc-experts au service de la profession
  • Un conseil qui compte : épisode 3
  • La facture électronique où en somme-nous ?

Consulter

NOVEMBRE 2019

SIC N° 389

  • 74e Congrès « L'expert-comptable au cœur des flux »

Consulter

OCTOBRE 2019

SIC N° 388

  • La SPE, une réunion de compétences
  • Prélèvement à la source : quelles évolutions ?
  • Evolutions de la réglementation de la profession : compétences spécialisées

Consulter

SEPTEMBRE 2019

SIC N° 387

  • 74e Congrès : L'expert-comptable au cœur des flux
  • Le Gafi publie ses lignes directrices pour la profession comptable
  • Loi Pacte et entreprises : les principales mesures en droit des affaires

Consulter