NOVEMBRE 2019

SIC N° 389

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Humanisons les flux

L’Ordre a conforté les experts-comptables dans leurs capacités à accompagner et à devancer avec optimisme le changement, plus de technologie conduisant vers un « mieux humain ».

Il s’agissait de conclure sur les flux en un bilan-perspective. Cette fois, c’est de flux de réformes qu'il a été question, de flux de data, d’actions et de processus cérébraux, en complément de la plénière d’ouverture axée sur l’intelligence artificielle. Et ce qui était frappant, au fil des discours, des présentations et lors de questions/réponses, c’est que finalement pour s’adapter au changement extérieur, il faut savoir non seulement puiser dans ses ressources personnelles, mobiliser ses soft skills, mais aussi travailler collectivement, en conjuguant dialogue équilibré, respect, soutien et confiance.

Charles-René Tandé l’a explicité en rappelant l’ambition de ce congrès et ce qu’il avait démontré : « la technologie, en devenant une réalité pour tous, nous aide à gagner du temps, nos clients ont, plus que jamais, besoin de nous et nous avons tout pour répondre à leurs attentes en accompagnant et en devançant le changement du monde ». Et afin que ces journées de travail et de réflexions achèvent, d’un point d’orgue, de conforter les optimistes et de modifier la perception des pessimistes, Charles-René Tandé s’est adressé à Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, en rappelant « 18 mois particulièrement éprouvants » et en exprimant les attentes des professionnels pour l’avenir.

 

 

Toujours favorables aux vraies simplifications, toujours mobilisés pour mettre en œuvre les réformes et accompagner les entreprises françaises, les experts-comptables ont, en effet, été présents pour la DSN, le prélèvement à la source… et ils sauront utiliser le numérique pour accélérer certains projets de simplification tels que la facture électronique... D’autant mieux que les conditions du succès auront été réunies : donner notamment plus de temps aux différents acteurs et prendre en compte les remarques faites. Des conditions nécessaires pour limiter les difficultés rencontrées par la profession, « du fait de la succession des changements, de leur vitesse de mise en place, des délais, du peu de temps dont nous disposons entre l’élaboration des textes et leur application… ». Souhaitant conclure ce congrès avec optimisme, Charles-René Tandé a demandé à madame la ministre d’aider la profession à bien faire son travail, en construisant avec elle, le plus en amont possible, des dispositifs plus simples ; à lever les obstacles qui limitent sa capacité de conseil et à la soutenir afin qu’elle puisse utiliser efficacement les données pour mieux accompagner les PME. « La réaffirmation du soutien et de la confiance du gouvernement – lui a-t-il lancé – clôturerait à merveille ce 74e Congrès ».

 

Soutien et confiance du gouvernement réaffirmés aux experts-comptables

Agnès Pannier-Runacher a répondu à cet appel en revenant tout d’abord sur les chantiers collectivement conduits au cours des derniers mois. « Votre appui a été crucial » pour accompagner les mesures du début de quinquennat : l’allègement de la fiscalité sur les bénéfices et le capital, la mise en œuvre du prélèvement à la source, la bascule du CICE en allègement de charges, les ordonnances travail. Des chantiers difficiles mais « que nous avons su surmonter collectivement avec succès ».

 

 

En retour et pour l’avenir, Agnès Pannier-Runacher a affirmé sa volonté d’accompagner la profession face aux évolutions technologiques, consciente de la nécessité pour les experts-comptables d’acquérir des expertises nouvelles pour apporter aux entreprises les services dont elles ont un besoin accru pour maîtriser une complexité croissante. « C’est pour vous aider à répondre à ces nouveaux défis – a-t-elle rappelé – que le Gouvernement a apporté son soutien aux nombreuses propositions de modernisation de la profession que vous avez portées et que nous avons décidé de mettre en œuvre dans la loi Pacte ». En particulier : la possibilité de fixer des honoraires au succès, la diversification des prestations auprès des entreprises en matière de gestion des créances et des paiements des clients, la création d’un statut d’expert-comptable en entreprise.

 

Reste des inquiétudes que la ministre n’a pas éludées. Sur la loi Pacte ? « Nous avons œuvré pour apporter des pistes de diversification à l’activité des commissaires aux comptes et mettre en place une mission d’audit simplifié ». Sur le développement de la facturation électronique ? « Nous visons à l’instaurer entre 2023 et 2025, via une transition souple, en concertation étroite avec vous » a-t-elle précisé.

Agnès Pannier-Runacher est, en effet, convaincue que « c’est en travaillant ensemble que nous répondrons le mieux aux attentes des entreprises, des Français et relèverons deux défis majeurs pour l’économie ». Le premier est le défi numérique. La ministre a souhaité que le plus grand nombre d’experts-comptables puissent se former et sinscrivent à France Num pour devenir “activateurs”, pour aller sensibiliser ou proposer aux entreprises des diagnostics numériques. Le second est le défi du partage de la valeur dans l’entreprise. Avec l’ambition de doubler, d’ici la fin 2020, le nombre de salariés couverts par un accord d’intéressement dans les PME. « Vous pouvez nous aider à l’atteindre. Je compte sur vous pour vous faire les porte-paroles, auprès de toutes les PME, de l’intérêt de développer ces accords ».

« La France est dans une bonne voie grâce aux mesures que nous avons prises, grâce à votre travail et votre engagement » a-t-elle conclu. L’appel de Charles-René Tandé a été entendu !

 

Commissaires aux comptes, le rebond

La plénière a permis aux participants de mesurer tout le poids de ce discours, illustré par la diffusion du spot TV de la campagne de communication dont le 3e volet portait sur la digitalisationDès la salle rallumée, Jean Bouquot, président de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, évoquait l’entre deux congrès. À Clermont-Ferrand, c’était un tsunami… À Paris, c’est la démarche de rebond de la profession qui a été retracée : d’abord accompagner les confrères en détresse puis dresser un état des lieux et profiter des missions très novatrices rendues possibles par le législateur. « Cela s’est traduit dans trois domaines, a précisé Jean Bouquot : le marketing de l’offre, la formation avec un véritable plan Marshall, la reconnaissance des opportunités qui nous sont offertes et le besoin de nous y positionner sans brouiller notre image ».

 

De g. à dr. : Jean Bouquot, Patrick Cohen et Charles-René Tandé

 

Ces nouvelles missions créent, en effet, une ambiguïté et un risque de concurrence avec les experts-comptables. « Nous avons fait un important travail d’analyse de l’article sur les services afin de demeurer sur notre ADN et sur notre savoir-faire : donner de la confiance. Nous présenterons nos propositions lors de notre congrès les 7 et 8 novembre prochain ».

 

Une clarification est effectivement nécessaire, une publicité ayant tout récemment semé le trouble. D’où l’interpellation de Charles-René Tandé, aussi confiant qu’il restera vigilant, afin que la complémentarité demeure. Et la réponse de Jean Bouquot : « nous avons le devoir d’être clairs et transparents. Si nous avons voulu nous rapprocher dans les mêmes locaux, c’est pour travailler plus étroitement ensemble et non pas pour être en concurrence ».

 

Cap sur les datas

Ces discours illustraient parfaitement le congrès résumé en idées clés par le rapporteur Dominique Périer : « aventure collective », « changement de posture » pour passer du rôle d’expert technique à celui d’accompagnateur, « savoir utiliser les innovations » et les technologies pour pouvoir mieux conseiller, tout en « couplant l’intelligence artificielle et l’intelligence émotionnelle ».

 

 

Une aventure collective au cœur de la data, qui va se prolonger afin de savoir l’exploiter pour proposer des missions à forte valeur ajoutée. Comment ? Avec la création d’un groupe de travail au sein du Conseil supérieur. Et avec un partenariat noué avec l’Ecole centrale de Lyon, a expliqué Sanaa Moussaïd, en vue de déboucher sur la création d’outils ou de formations. À suivre dans un an avec un premier bilan, sans aucun doute riche en connaissances et en initiatives. En veille sur les nouvelles technologies, le groupe de travail s’emploiera également, a ajouté Fabrice Heuvrard, « à prouver que la profession les maîtrise au travers d’applications concrètes et utiles », à l’image de la blockchain qui authentifie déjà les diplômes (cf. experts-comptables.fr/La blockchain des diplômés (site public).

 

Portés par le soutien et la confiance de leur autorité de tutelle, rassurés sur la technologie et les robots qui, incapables d’émotions, ne remplaceront pas les hommes, conscients des bénéfices que les flux et l’IA peuvent apporter et armés de méthodes efficaces pour aborder le changement, les experts-comptables ont quitté la plénière, prêts à aller de l’avant pour accompagner les chefs d’entreprise en conciliant « plus technologique & mieux humain ».

Déjouer les pièges du cerveau face au changementPourquoi résiste-t-on au changement ? Comment gérer le stress ? Les réponses d’Albert Moukheiber, docteur en neurosciences et psychologue clinicien, ont marqué les esprits.




Pour comprendre cette résistance et le stress provoqué par le changement synonyme de danger, il faut remonter à la préhistoire. Une époque où tout changement environnant pouvait annoncer un prédateur et où le stress donnait l’énergie corporelle pour combattre ou fuir. « Pendant des millénaires, a-t-il expliqué, notre cerveau a ainsi surréagi pour permettre la survie de l’espèce humaine. Aujourd’hui, il fonctionne toujours de même, alors que le danger a changé. Il faut donc le reconditionner et ne plus opposer une résistance devenue contreproductive au changement ».

Un conseil face au stress ? Pour le chercheur, reprendre le contrôle de son cerveau passe par le relâchement du corps qui lui signifie qu’il s’est trompé. D’autant plus que changer pour les experts-comptables, c’est aller vers un rôle d’accompagnement. Un changement pour lequel, cette fois, notre cerveau va être très coopératif car, étant des animaux sociaux, nous sommes naturellement attirés par les stimuli sociaux. Laissons donc la -technique aux machines et formons-nous à la dimension sociale et humaine. Le tout sans nous inquiéter pour l’avenir de nos métiers, « notre espèce étant beaucoup plus résiliente que ce que nous croyons ! ».
Pour aller plus loinRetrouvez les discours de la plénière de clôture sur experts-comptables.fr/rubrique Président (site public)

 

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